En France, on m'a diagnostiqué un mal de dos dû au stress, puis une anxio-dépression.
De retour au Québec, on m'a diagnostiqué un mal de dos, puis après des semaines de pillules, on m'a prescrit de l'acupuncture.
Suite aux inneficacités de l'acupuncture, un troisième médecin m'a prescrit de la physiothérapie.
Ensuite, j'ai fait une crise d'épilepsie. À l'hôpital, après les examens, on m'a diagnostiqué un cancer presque généralisé, phase terminale avec quelques jours à vivre.
Après un transfert à un autre hôpital, finalement un cinquième médecin, mon oncologue, m'a diagnostiqué un rhabdomyosarcome. Guérissable.
Ça peut valoir la peine de demander un autre diagnostique. Même quatre fois. Ça peut faire la différence entre vivre ou non.
mercredi 12 décembre 2007
Diagnostics
lundi 10 décembre 2007
Ponction de la moelle osseuse
-Attention je vais piquer. Il paraît que ça pique, que ça irrite et que ça brûle en même temps.
- Ok cool? Vas-y!
[Injection]
- Ah! eh!
- Alors c'est vrai, ça irrite et ça brûle aussi?
- Ouch. euh... Aïe! Trop d'information, j'peux... pas.... dire.
- Ok. Je vais vous anastésier l'os.
- Go!
[Injection]
- Argh!
- Bon, je vais maintenant préparer la seringue pour la ponction.
- C'est vous le boss doc.
Non mais qu'est-ce que je fais ici moi? J'en peux plus. Ne pas pleurer, ne pas pleurer...
- Je pique encore. À cause de l'anasthésie, vous ne devriez pas sentir de douleur, seulement une pression.
- Vous n'avez pas besoin de me vous-voyer doc. Go!
[Ponction]
- Ça va?
- Euh... Correct, doc.
- Je préfère vous vouvoyer, je ne vous connais pas assez.
- Vous êtes en train de me faire une... Aïe! Une ponction dans la fesse!
- Ça te fait mal?
- C'est correct, je vais arrêter de crier, faîtes votre job. Vous avez glissez un "te".
- J'ai fait exprès. Je peux faire la ponction un peu plus haut, ça ne devrait pas faire mal mais ça va bouger un peu plus.
J'suis bien trop stressé. Inspirer, expirer. Inspirer, expirer.
- Ok doc, je... Argh. Faîtes.
[Ponction]
- C'est terminé.
- Eww. J'suis content.
dimanche 9 décembre 2007
Globe musical
Je vis chez mes parents depuis que je suis de retour de France, parce qu'avec la maladie je ne peux pas vraiment travailler et, et donc payer un loyer. Mon père a un système de son digne de ce nom, et j'ai redécouvert dernièrement le plaisir d'une musique bien définie.
Je fesais le ménage dans l'appartement, et puisque les voisins étaient partis, j'ai décidé de monter le son, un peu. Pas mal en fait.
Ah! ce que c'était plaisant de se retrouver dans ce globe musical! Les hauts parleurs projettaient le son dans l'appartement, et ce son qui rebondissait de mur en mur finissait par sembler être partout. En fermant mes yeux, je pouvais situer chaque instrument, et entendre chaque note, chaque frottement de corde, chaque coup de percussion de ce vieux rock qui habitait l'appartement. Tout d'un coup le monde s'était réduit à quelques mètres cubes, à un petit et confortable globe muscial où chaque détail faisait de ma vie un plaisir en haute définition.
Je souriais, je crois.
jeudi 6 décembre 2007
La liste de Ben
Je vous ai déjà parlé de Benoit, mon grand-père. Si vous relisez ce texte sur lui, ce texte que j'ai écrit bien avant d'avoir mon cancer, vous devrez y percevoir la même combativité que je dis avoir dans le sang.
Il était spécial, mon grand-père, un de ces hommes de l'autre époque, plein d'orgueil et de caractère. Il a fait la guerre, il a déserté avant une campagne dangereuse sur le front pacifique, il avait un regard qui commandait le respect et il avait toute une réputation dans la petite ville de Chambly. Il était spécial, mon grand-père, je pourrais écrire un petit livre à son sujet. Il y en a, des histoires à son propos.
Celle que j'aime le plus raconter, c'est celle de sa relation avec les chats.
Ben n'amait pas les chats. Ce n'était pas inné, c'était réactionnel. Beaucoup de chats de son quartier (le quartier du fort, entre l'usine d'Unibroue et le Fort de Chambly) fesaient leurs besoins sur son terrain, et il n'appréciait pas. C'est parce que Ben était très méthodique, et minutieux et propre, et il tenait à ce que son terrain soit toujours parfait.
Ben décida donc de prendre les choses en main, et d'éliminer les chats qui s'aventureraient sur son terrain. Au début, il installa un bol de lait électrifié dans sa cave, accessible aux chats par une porte ouverte donnant sur l'extérieur, mais ça ne fonctionna pas. Les chats étaient attirés par le lait, mais le choc n'était pas assez puissant. Il modifia donc le concept et installa une trappe à chat, basée sur le concept du bol de lait. Ça fonctionnait. Le matin, quand il se levait, il allait dans sa cave pour voir s'il avait attrappé des chats, et s'il y en avait, il les éliminait à la carabine. Mais étant méthodique, et minutieux et propre, il se lassa de la carabine. C'était trop salissant. Il se confectionna donc une machine de son cru, qu'il batisa gentillement le «strangulateur téléscopique». C'était un gadget, fait avec une perche de bois et une corde, qui permettait d'étrangler un chat à distance. Le bol de lait, la trappe et
le strangulateur téléscopique, c'était d'une efficacité ahurissante.
Puisqu'il était méthodique et minutieux, mon grand-père prenait en note la date, la couleur et le nombre de chat qu'il tuait à chaque jour. Et il les numérotait. Quand il est décédé, on a retrouvé dans sa cave sa liste. En une dizaine d'années, il a tué 220 chats.
220. Il était spécial, mon grand-père.
mercredi 5 décembre 2007
Votre Narrateur, et de la photo
Je me suis mis activement à la photo, quand j'étais en France, parce que j'aime bien faire de la photographie et parce que l'architecture là-bas était absoluement impressionante. Maintenant que je suis en vie, je prends beaucoup plus de temps en arrière de mon appareil, parce que la vie est courte, et l'activité passionnante. Hier j'ai commencé le numérique, et plus particulièrement le traitement d'images numériques. Ça ne remplaçera jamais vraiment la chambre noire pour moi, mais j'ai quand même trippé à mettre en valeur mes nouvelles compositions.
Même s'il est un peu trop artificiel, je suis fier du portrait de moi qu'il y a juste à droite. Il représente bien votre Narrateur, celui de Sombres Mots, et par le fait même, celui de sa vie d'après. Je crois.
mardi 4 décembre 2007
Le plaisir du détail
Profiter de la vie, ça va jusque dans les détails. La subtilité du goût d'une orange, la petite teinte chaude dans la lumière du matin, l'odeur d'un livre. Ça commence par là, l'amour de la vie.
Dans les qualités requises pour un emploi, on demande souvent le soucil du détail. Je n'aime pas cette locution, je ne comprends pas pourquoi des personnes devraient être soucieuses à propos de détails. Les détails sont là pour être appréciés.
L'inverse peut-être aussi vrai. Combien de choses peut-on endurer, en se disant que ce ne sont que des détails? Combien de repas ordinaires accepte-on de manger pour des raisons souvent ridicules, combien de temps passe-t-on à écouter des fins de films qui ne nous intéresse même plus, combien de monologues ennuyeux écoute-t-on par politesse?
Lecteurs de ce blogue, je vous donne aujourd'hui un conseil. Célébrez les saveurs. Prenez plaisir aux détails, n'en faîtes pas votre cauchemar. Ne maintenez plus ces habitues qui vous ennuient, transformez les en moments que vous trouverez agréables. Ne mangez plus de crevettes si vous n'aimez pas ça, et à la place savourez un aliment qui vous passionne. Écoutez les musiques qui vous font vibrer, vivez vos envies momentanées, prenez plaisir aux détails et à la vie! Et, souriez.
